Archives de catégorie : Back To The Future

|BACK TO 2008| Q-TIP – GETTIN UP

Fort de 5 albums à la tête de A Tribe Called Quest, c’est une fois le groupe séparé que Kamaal Ibn John Fareed aka Q-Tip se lancera dans une carrière solo. En 1999, Tip sortira Amplifiedalbum sur lequel J Dilla est crédité en tant que co-producteur de la totalité des morceaux, ce qui prouve encore une fois que l’alchimie existante entre ces deux pros de la MPC est bien réelle. Il faudra ensuite attendre une petite dizaine d’années avant le retour de The Abstract avec The Renaissance, sorti sur Universal Motown.

Premier single extrait de l’album, Gettin up est à l’image du reste du disque; entraînant, mélodique et hyper bien produit.

 

|BACK TO 2004| WILEY – DOORWAY

 

Émergent des quartiers Est de Londres au début des années 2000, le Grime sera porté aux oreilles du grand public grâce à des artistes comme Dizzee Rascal, Kano et Wiley. Principal acteur de la scène mais aussi créateur de sonorités, c’est en mélangeant garage, drum & bass et musique électronique que Wiley se démarque. Il se fait remarquer par XL Recordings grâce à des instrumentaux comme Eskimo, Avalanche ou Ice Rink et sort son premier album solo Treddin’ on Thin Ice. Cet album redéfinira les codes du genre et en restera un modèle pour les artistes qui suivront. S’enchaînera ensuite une série d’albums et mixtapes jusqu’en janvier 2017 et la sortie de Godfather, étant annoncé comme son dernier.

|BACK TO 2000| GHOSTFACE KILLAH – MIGHTY HEALTHY

Retour vers un autre temps, celui où les “street rappers” étaient aussi des “lyricists”. Aux débuts du mouvement dit “trap” on avait (et on a toujours d’ailleurs…) du mal à associer ses principaux acteurs à de fines plûmes; on pense notamment à Gucci Mane, Jeezy, T.I. etc. Pourtant, il fût un temps dans le rap US où des dealers de crack de plus ou moins grande envergure se transformaient en paroliers reconnus et ont depuis marqué tout un genre et la génération qui les écoutaient. Ainsi, Kool G Rap, Big Pun, Prodigy et Havoc de Mobb Deep, mais aussi Raekwon et Ghostface Killah du légendaire Wu Tang Clan se sont révélés meilleurs rappeurs qu’ils n’étaient “corner boys”.

Membre pivot de son collectif, Ghostface en est aussi le plus productif: 12 albums solo, 4 en collaborations avec d’autres artistes, sans compter ses innombrables apparitions sur les albums d’autres membres du Wu Tang (en particulier sur l’immense Only Built 4 Cuban Linx… de Raekwon)

Dans ce titre extrait de Supreme Clientele, on peut entendre Ghostface détruire une instru glaciale de Mathematics (fréquent collaborateur du Wu) grâce à son flow ultra cadencé et ses références hyper spécifiques.

|BACK TO 1983| THE THE – THIS IS THE DAY

https://www.youtube.com/watch?v=-32AAp418V4

Des accords mineurs, beaucoup de mélancolie, mais aussi quelques envolées pianistiques très jazzy et percussions aux influences africaines; tout ceci fait partie des éléments que l’on peut retrouver sur le premier album officiel de The The, groupe émergent de la scène post-punk anglaise du début des années 80.

Atypique dans sa forme – Matt Johnson en étant le seul membre permanent, il se fait un nom en 1983 avec la sortie de Soul Mining où figure This Is The Day, unique single mis en vente à l’époque. Très inspiré musicalement, l’écoute rapprochée des paroles de Johnson sur ce titre révèle son combat contre de nombreuses addictions ainsi qu’un état dépressif avancé mais aussi un certain optimisme.

Pourtant passé inaperçu aux oreilles du grand public, ce disque révèle une grande maîtrise mélodique et rythmique et marque le début d’une série d’albums indispensables aux amateurs du genre. 

|Back to 1983| The Smiths – Hand In Glove

https://www.youtube.com/watch?v=Nh2bonnjv70

 

Ce morceau fut, comme la plupart de la discographie des Smiths, largement composé par la paire MarrMorrissey et résonne avec toujours autant de morosité toutes ces années après. Imaginez le nord de l’Angleterre brumeux peu à peu étouffé par la politique de Thatcher; peu étonnant que la musique qui en émerge soit telle.

Hand In Glove est le premier single jamais sorti par le groupe en 1983, quelques mois avant leur album éponyme. Suivront ensuite trois autres albums studio au son unique acclamés par la critique avant la séparation du groupe en 1987.

Fan inconditionnel des Smiths et Mancunien notoire Noel Gallagher dit de ce morceau qu’il est la plus belle chanson d’amour jamais écrite, et on ne peut qu’adhérer.

|Back To 1991| A Tribe Called Quest – Jazz (We’ve Got)

On fête ce mois-ci les 25 ans de la sortie du deuxième album du légendaire trio A Tribe Called Quest, The Low End Theory, depuis devenu classique.

On peut sans crainte avancer que leurs trois premiers albums (sortis en l’espace de trois ans seulement) ont énormément élever la musicalité du hip hop en grande partie grâce au talent de Q-Tip alors principal producteur du groupe et avide collectionneur de vinyles, toujours à la recherche de “the perfect loop”.

Le choix des samples, toujours très jazzy et le mix des percussions que Kanye West lui-même avouera essayer de copier, ajoutés au mélange des flows de Phife Dawg et Q-Tip font de ce morceau un parfait exemple du style de Tribe.

Une pensée pour Phife décédé de complications liées au diabète en mars, RIP Funky Diabetic !

|Back To 2009| MF DOOM – Gazillion Ear

Après la mort tragique de son frère avec qui il formait le groupe hip hop KMD au tout début des années 90, le MC que l’on connaissait sous le nom de Zev Love X disparaîtra du rap game pendant plusieurs longues années avant de refaire surface en 1999 sous le pseudonyme de MF DOOM.

C’est le visage dissimulé sous un masque de fer (MF pour Metal Face) qu’il sortira son premier LP Operation: Doomsday. Après ça il enchaînera les sorties sous plusieurs pseudonymes (Viktor Vaughn, King Geedorah…), accompagné de différents producteurs (Madlib, Danger Mouse, Jneiro Jarel…) ainsi que de nombreuses collaborations comme tout récemment avec le jeune prodige Bishop Nehru.

Gazillion Ear figure sur l’album Born Like This sorti en 2009 un, si ce n’est le plus méconnu et sous estimé du rappeur. Instru du défunt génie de la MPC J Dilla et flow que rien arrête surtout pas l’avalanche de rimes et ses métaphores indéchiffrables.

Malgré ses talents de producteur et de MC, MF DOOM reste même après toutes ces années un artiste underground et on ne voudrait surtout pas que ça change.